Aller au contenu
MJ DATA

Guide · externaliser ou internaliser l’informatique d’une PME. Infogérance ou technicien salarié ?

Recruter un technicien informatique ou confier son parc à un infogérant : la question revient dès qu’une entreprise dépasse une dizaine de postes. Voici comment la trancher avec méthode, pour votre situation à vous.

Matis Jégot · 7 min de lecture

En bref : en dessous de quelques dizaines de postes, l’infogérance revient presque toujours moins cher et couvre plus de compétences qu’un salarié seul, car le coût réel d’un poste dépasse largement le salaire et qu’un technicien isolé ne peut pas tout savoir ni être toujours présent. Le salarié se justifie quand la présence physique quotidienne est indispensable ou que le parc est important. Entre les deux, le modèle hybride fonctionne bien : un technicien interne, épaulé par un infogérant.

La vraie question : de quoi votre entreprise a-t-elle besoin ?

Avant de comparer deux formules, il faut décrire le besoin. Combien de postes, de serveurs, de sites ? Combien de demandes par semaine, et de quelle nature : un mot de passe oublié, une imprimante bloquée, un logiciel métier qui plante, un projet de migration ? Faut-il quelqu’un sur place tous les jours, ou une présence régulière suffit-elle ?

Une entreprise de quinze personnes génère rarement assez de travail informatique pour occuper un technicien à temps plein toute l’année. En revanche, elle a besoin, ponctuellement, de compétences très variées : réseau, sécurité, messagerie, sauvegardes, logiciels, aujourd’hui intelligence artificielle. C’est ce décalage entre le volume et la variété qui oriente la décision.

  1. Le volume

    Le nombre d’heures réellement nécessaires chaque mois, en moyenne et en période de pointe.

  2. La variété

    L’éventail des compétences à mobiliser dans l’année, du câblage à la cybersécurité.

  3. La présence

    Ce qui doit absolument se faire sur place, et ce qui peut se faire à distance.

  4. La continuité

    Ce qui se passe pendant les congés, les arrêts maladie et après un départ.

Ce que coûte réellement un technicien salarié

Le salaire brut n’est que la partie visible. S’y ajoutent les cotisations patronales, qui représentent une part importante du brut en France, puis les frais de recrutement, le temps d’intégration, les outils dont le technicien a besoin pour travailler correctement (supervision, télémaintenance, gestion des mises à jour, documentation), son poste de travail, son véhicule ou ses frais de déplacement, et sa formation continue.

La formation n’est pas un détail. Les systèmes évoluent vite : un technicien qui ne se forme pas plusieurs jours par an décroche en deux ou trois ans. Ces jours de formation sont aussi des jours où il n’est pas dans l’entreprise.

Enfin, il faut compter le coût de l’absence. Pendant les congés, une maladie ou une démission, l’entreprise se retrouve sans personne qui connaisse son installation. C’est souvent à ce moment-là qu’on découvre qu’aucun mot de passe n’était documenté.

Ce que recouvre une offre d’infogérance

L’infogérance consiste à confier tout ou partie de la gestion de son informatique à un prestataire, dans le cadre d’un contrat qui fixe le périmètre, les délais et le mode de facturation, le plus souvent un forfait mensuel. Le prestataire mutualise ses outils et ses compétences entre plusieurs clients : c’est ce qui lui permet d’offrir à une PME l’équivalent d’une petite équipe pour le coût d’une fraction de poste.

Toutes les offres ne se valent pas. Certaines se limitent à un centre d’assistance à distance, où l’on tombe sur un interlocuteur différent à chaque appel. D’autres reposent sur un technicien attitré, qui connaît l’entreprise et vient sur place à un rythme convenu. La différence se sent dès la première panne : dans un cas, il faut tout réexpliquer ; dans l’autre, la personne au bout du fil sait déjà de quoi il s’agit.

  1. Supervision continue

    Postes et serveurs surveillés, alertes traitées avant de devenir des pannes.

  2. Maintenance préventive

    Mises à jour, sauvegardes vérifiées, renouvellements anticipés.

  3. Assistance

    Télémaintenance pour l’essentiel, déplacement sur site quand il le faut.

  4. Pilotage

    Un point régulier, écrit, sur l’état du parc et les décisions à prendre.

Comparer les deux, critère par critère

Sur le coût, l’infogérance a pour elle la prévisibilité : un montant mensuel connu, ajusté au parc, sans frais de recrutement ni coût caché d’absence. Le salarié devient plus intéressant lorsque le volume de travail occupe réellement un temps plein et que l’entreprise peut lui offrir des perspectives, faute de quoi il partira.

Sur les compétences, un prestataire réunit plusieurs profils ; un salarié seul, aussi bon soit-il, a ses domaines forts et ses angles morts. Sur la présence, l’avantage revient au salarié, qui est sur place en permanence. Sur la continuité, l’avantage revient au prestataire, à condition que votre dossier soit connu de plusieurs personnes chez lui.

Reste la connaissance de l’entreprise. C’est l’argument le plus souvent avancé en faveur du recrutement, et il est légitime : un salarié connaît les gens, les habitudes, les logiciels maison. Un infogérant qui change d’interlocuteur à chaque appel ne l’égalera jamais. Un infogérant qui vous attribue un technicien, toujours le même, s’en approche beaucoup.

Quand recruter reste la bonne réponse

Il y a des situations où un technicien interne s’impose : un parc important réparti sur un même site, une activité où chaque minute d’arrêt coûte très cher et où il faut quelqu’un à portée de main, des logiciels métier si spécifiques qu’ils demandent une présence quotidienne, ou une politique interne qui exige que certaines opérations soient faites par un salarié.

Dans ces cas, l’infogérance ne disparaît pas pour autant. Elle change de rôle : elle apporte au technicien interne les outils, le renfort pendant ses absences et les compétences pointues qu’il n’a pas. C’est le modèle hybride, souvent le plus solide pour les entreprises de taille moyenne.

Une méthode simple pour décider

Listez pendant un mois toutes les demandes informatiques, même petites, avec le temps passé. Notez à part les projets prévus dans l’année. Demandez-vous qui reprendrait le flambeau si la personne qui s’occupe aujourd’hui de l’informatique partait demain. Puis faites chiffrer les deux options sur la même base : le coût complet d’un poste d’un côté, une offre d’infogérance détaillée de l’autre.

Méfiez-vous des comparaisons qui opposent un salaire brut à un forfait : elles faussent toujours le résultat. Et posez la question de la sortie : si la formule ne convient pas, combien de temps faut-il pour en changer, et récupère-t-on toute la documentation ?

  1. Inventaire

    Un mois de demandes notées, avec le temps passé et leur nature.

  2. Projets

    Ce qui doit être fait dans l’année : migration, déménagement, nouveaux postes.

  3. Risque

    Ce qui se passe si la personne clé n’est pas là, une semaine ou pour toujours.

  4. Coût complet

    Comparer à périmètre égal, charges, outils et absences compris.

Questions fréquentes

À partir de combien de postes faut-il un technicien à temps plein ?

Il n’existe pas de seuil universel : tout dépend de la complexité du parc, du nombre de sites et des logiciels utilisés. Le bon indicateur est le volume réel de demandes, mesuré sur quelques semaines.

Peut-on combiner un salarié et un infogérant ?

Oui, et c’est souvent la formule la plus robuste. Le salarié assure la présence et la connaissance du terrain ; l’infogérant apporte les outils, les compétences rares et la continuité pendant les absences.

L’infogérance signifie-t-elle perdre la main sur son informatique ?

Non, si le contrat est bien écrit. Les accès, la documentation et les licences doivent rester la propriété de l’entreprise, et le prestataire doit rendre compte régulièrement de ce qu’il fait.

Un technicien attitré, sans recruter.

Chez MJ DATA, chaque entreprise a son technicien, toujours le même, et un binôme qui connaît aussi son dossier. Parlons de votre situation.